2003

Sous le signe de Sirius!

Une climatologie exceptionnelle

2003 restera sans nul doute dans les annales viticoles tant le millésime fut extrême. Il nous faut en effet remonter à 1893, année où notre arrière grand-père Louis avait commencé ses vendanges à Chambolle-Musigny le 25 août, et récolté ses Gevrey En Ergot le 27, pour rencontrer une telle précocité. Nous avons le plaisir de vous narrer la petite histoire de ce généreux et complexe millésime.

Après un mois d’octobre relativement conforme aux normales saisonnières tant au niveau de la pluviométrie que des températures, novembre se distingue par son humidité et sa douceur : des températures supérieures en moyenne de 3°C au normales saisonnières et 25 jours de pluie sur l’ensemble du mois. Bien que moins arrosé, décembre garde la douceur du mois précédent. Il faudra  attendre janvier pour avoir une première poussée significative de l’hiver avec l’arrivée du froid et l’installation d’un temps sec et ensoleillé. Hormis quelques rares épisodes neigeux, ces conditions perdurent jusque fin février.
C’est à partir du printemps que tout sera bouleversé. La reprise d’activité de la plante, certes précoce, a lieu vers le 20 mars, à une date assez comparable à 2002. Le développement de la vigne est ensuite ralenti par la chute des températures début avril, se traduisant à certains endroits par des gelées de printemps qui, fort heureusement, n’ affectent que très peu nos vignes. Les premiers bourgeons débourrent juste après cet épisode de froid, à la mi-avril. A partir de cette date, la croissance végétative va connaître une rythme endiablé.
A la fin du mois d’avril, nous constatons, déjà une semaine d’avance par rapport à 2002. 2003 est le digne challenger du millésime 1997 jusque là référence absolue en matière de précocité.
Les premières fleurs sont observées dès le 20 mai et, vers fin-mai/début-juin, on est déjà en pleine floraison voire, dans certaines parcelles, en fin de floraison. Pour mémoire, en 2002, ce stade a été atteint le 12 juin. Le mois de juin va être le théâtre d’un premier épisode de fortes chaleurs avec une température mensuelle moyenne de 25°C, 7°C de plus que la normale. Dans ces conditions, la vigne que l’on sait volubile, croît à une vitesse exponentielle, les vignerons subissent avec beaucoup de courage le rythme frénétique que la plante nous impose. Loin d’être à son terme, cette climatologie extrême se poursuit. En juillet, les premiers signes d’une importante sécheresse se laissent apercevoir. Les vignes sont, dès lors, sujettes à de nombreux déséquilibres. Ce manque d’eau ne risque-t-il pas d’altérer l’expression de nos lieux et de réduire substantiellement la récolte?

Il nous faut réagir vite, les vendanges vertes sont bannies, l’effeuillage est relégué au rang des artefacts dangereux : l’exposition prolongée des raisins au soleil ardent ne ferait qu’aggraver l’équilibre de la plante.
Des soins d’un infinie douceur sont alors prodigués: tisanes, décoction de plantes (camomille…) Mais aussi préparats biodynamiques apaisants comme la bouse de corne.
La nature n’est que rythmes et mouvements, pensons nous alors. Ca va se rafraîchir! se hasarde même à penser certains vignerons optimistes! Il n’en est rien, arrive un mois d’août encore plus extrême, un mois de tous les records et de tous les dangers. La canicule est son paroxysme avec des pointes à plus de 42°C. Cette fournaise dure plus 10 jours. Il faut continuer, ne pas laisser cette vigne assommée par le feu. Le 10 août, nous constatons que la maturation du fruit progresse malgré tout: quel fruit délicieux en Chapelle, quelle puissance en Chambertin! C’est aussi une leçon pour tous, cette liane dont les racines sont ancrées avec force dans la terre nourricière, nous prouve sa résistance. Enfin, le 15 un petit épisode pluvieux vient retendre les raisins.
Comment être sûr alors que la maturité du fruit et des tanins est atteinte? Toutes les parcelles du domaine sont inspectées, les raisins humés, goûtés. Ce millésime si extrême nous séduit, les raisins sont beaux!
Le ban de vendanges est fixé au 19 août sur toute la Côte. Nous commençons la récolte le mercredi 27 août, par un temps… encore chaud, sec et ensoleillé.
Comme nous l’avions constaté quelques jours plus tôt, les petits raisins qui arrivent sur la table de tri sont extrêmement sains et concentrés, seules les petites baies desséchées seront éliminées. L’acidité restera la grande question du millésime. Que les amateurs se rassurent, les terroirs de Gevrey plus «nordistes» recèlent sans doute des capacités au vieillissement étonnantes. De plus, nous croyons que cet équilibre sucre, acide, caractéristique si particulière du millésime est compensée par un tanin puissant et soyeux. Nous affirmons enfin que ce millésime est bien un millésime bourguignon, différent certes mais terriblement authentique dont les qualités nous surprendrons sûrement encore dans quelques décennies!

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