2006

Septembre fait le vin!

Charme et élégance
Si le sublime nous touche, le beau nous charme 1.

Oui vraiment ce millésime si capricieux à sa naissance, nous charme et nous séduit aujourd’hui.
Après un millésime 2005, à l ‘ordonnancement classique et flamboyant, 2006 all ait décidément nous réserver bien des fantaisies. Fantaisies, dont la plupart des vignerons se serait bien passé. Une fois de plus, notre geste bio-dynamique, nous a puissamment aidé dans l ‘accompagnement de ce millésime étonnant, au charme aujourd’hui manifeste..
A peine le temps de se remettre de l’émerveillement de 2005,qu’il nous faut reprendre nos quartiers d’hiver. La taille est au programme.
Nos travaux sont souvent contrariés par des épisodes neigeux importants. Le froid vif est sans cesse au rendez-vous. Le mois de mars nous honore même d’un manteau neigeux bien inhabituel. Heureusement, dans cette nature, qui enveloppe les choses, les êtres et les esprits, nos énergiques vignerons, savent apprécier le réconfort des «brûlots».
Cette froidure dure jusqu’à la mi-mars, date à laquelle nous terminons la taille.
Le souffle du printemps est à peine perceptible. Les précipitations nombreuses facilitent l’attachage des baguettes. Cet ouvrage, véritable signature de la vigneronne, revêt, une importance capitale.
Ce geste créateur, garant de l’orientation de la vigne, exige les mains habiles et expertes des courageuses «layottes». Cependant, ce temps maussade n’est pas au goût de tout le monde, il perturbe le travail de reprise des sols. Le laboureur doit souvent remettre son ouvrage à des jours meilleurs, pour ne pas risquer de «lisser» la terre et perdre les bénéfices des soins prodigués aux sols (couplés aux bienfaits des préparats 500). Le beau temps nous réapparaît enfin le 26 mars.
Les températures atteignent des valeurs records, le thermomètre de la cour au domaine atteint 32°C. Ce renversement de situation excite les impétueux bourgeons, le débourement s’enclenche alors rapidement. La vigne a complètement rattrapé son retard sur 2005.
Le mois de Juin est exceptionnel! Sans atteindre les records de 1976, on s’en approche, avec des caractéristiques assez similaires, peu d’eau (-70% /normale), des températures moyennes qui s’élèvent à 23°C (normales:17.3°C) et surtout un ensoleillement record (+35% /normale).
Dans ces conditions, la fleur si discrète, s’enclenche brusquement. Ce qui nous frappe alors, c’est l’extrême célérité de la nouaison. Les grappes sont formées bien avant la Saint Jean. Les stades se suivent à un rythme effréné, nous obligeant à décupler nos forces. Les maladies se font rares mais la vigilance reste de mise. Les conditions sont idéales, les records d’ensoleillement sont atteints (du jamais vu depuis 1921, date de la création de la station météorologique de Dijon) Tout semble alors idyllique… nous étions sans doute dans l’oeil du cyclone. Le jeudi 27 juillet à 16 heures, un événement aussi brutal que cruel vient anéantir nos beaux espoirs: des grêlons poussés par un vent violent s’abattent sur Gevrey! Angoissés, nous nous rendons au chevet de nos blessées. La partie haute des «Chapelle» est manifestement la plus touchée.
La décision d’entreprendre un sauvetage est irrépressible.
Aussi, nous décidons d’intervenir rapidement. Le lendemain matin dès 9 heures, nos vignerons équipés de pulvérisateurs portatifs tentent de panser les plaies ouvertes. Le talc de Luzenac complémenté d’Arnica Montana , de Millepertuis et de Valériane, nous est d’un grand secours.
Une silice de corne est passée la semaine suivante.
Toutes les pistes sont explorées pour aider nos petites victimes. Cet acharnement, sans doute salutaire, nous redonnera aussi la confiance, l’espoir et la sérénité nécessaire à la compréhension de ce millésime si particulier.
Septembre fait le vin!
Le temps du mois d’août, contraste énormément avec celui de Juillet, les averses sont nombreuses.
Qu’a cela ne tienne, notre moral est à peine émoussé, on en a vu d’autres clament les anciens!
Après la pluie le beau temps! Les nuages finissent par disparaître, et de superbes conditions anticycloniques à partir du 23 août nous redonnent foi en ce millésime. Conscient de l ‘importance primordiale du tri, nous concevons rapidement, avec l’aide d’un constructeur local, un système de sélection des grains secs à la sortie de l’erafloir.
Aussi inespérée que salvatrice, cette arrière-saison bourguignonne, si propice à la maturation tardive et lente du pinot noir s’installe durablement jusqu’aux vendanges.
Le samedi 23 septembre, les premiers raisins arrivent à la cuverie. Certes, ils sont mûrs, mais ils demandent une sélection méticuleuse et drastique.
De ce tri draconien, sortiront des moûts à la franchise de goût et à l’expression aromatique très fine et charmeuse. Nul ne pouvait imaginer une telle promesse!
En définitive, cette Chapelle, si capricieuse, si éprouvante en 2006, nous aura construit, elle nous aura montré la voie de la sérénité et de l’espérance.
Le charme aussi peut nous toucher!

1 Emmanuel Kant Observation sur le sentiment du beau et du sublime (1764)

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