2005

Paix, force et harmonie!

Energie du geste
Planter, tailler, émonder, ébrousser, accoler, piocher, protéger, accompagner la vigne puis le vin, les gestes fondateurs du vigneron accumulés dans la hâte d’une seule saison, nous forcent à ordre différent, primordial et immuable. Cette vigne qui exige plus un ouvrage de zèle délicat que de force brutale, nous rappelle que le corps porte l’empreinte des forces intérieures qui nous animent. Ce geste, cette énergie rythme nos pensées, ennoblit nos sentiments et nos émotions, prolonge la force de notre esprit. Ce geste enfin éveille la matière, notre matière et donne vie aux potentialités de la nature et de nos terroirs.
J L T

«La matière n’est rien, ce qui compte, c’est le geste qui l’a faite.»
[Goethe]

«Tu as un coeur pour l’espérance et des mains pour le travail.»
[Milosz]

2005 !
Son évocation déchaîne les passions les plus folles, les plus insensées.
L’avenir de l’humanité serait-il plus rose à travers le prisme d’un 2005 ? *
Son aura ne cesse de s’amplifier. Et pourtant, loin de ce déchaînement obsessionnel, sa naissance fut des plus sereine. Rien ne vint, en effet perturber l’accomplissement minutieux des gestes vignerons, la nature se montra des plus généreuses et ce fut avec beaucoup de plaisir et de joie , à peine dissimulée que nous accueillîmes ces superbes raisins.
Tout commence par un mois de janvier sec et ensoleillé. Cette météo de bonne augure préfigure en fait la tendance de l’année: Du soleil et du vent! souffle de l’esprit génial du millésime? Le soleil brille mais il fait froid, un froid pinçant, pénétrant. Il fait tellement froid durant de le mois de février, que nous arrêtons la taille afin de ne pas fragiliser notre vigne. Les sécateurs ne sont définitivement rangés qu’à la fin du mois de mars, où le temps continue à être perturbé. Nos petits bourgeons ne daignent montrer leur pointe verte qu’à la fin du mois d’avril. A partir de cette date, le paysage de la côte change radicalement. En quelques jours, la vigne, aidée par un météo explosive, s’étale et se développe de façon exponentielle. Le léger retard au débourement est très vite comblé, et la végétation prend même une sérieuse avance. Puis, sous l’influence d’un temps plus frais (du 3 au 24 mai) la vigne, joueuse se calme, laissant un peu de répis aux valeureux vignerons dont le courage aurait pu être mis à rude épreuve. Ce calme nous l’apprécions, nous le savourons, nous avons le temps d’accompagner, de peaufiner, de choyer notre plante. Les accolages et les relevages se succèdent avec une facilité déconcertante. Tout est rangé lorsque, nouveau coup de théâtre, une augmentation subite des températures (on enregistre le dimanche 29 mai un incroyable 31° dans la cour du domaine, serait-ce déjà l’été?) viennent aiguiser le désir de croissance et d’expansion de nos pinots, les chardonnays sont quant à eux un peu plus apathiques. Dans ces conditions la floraison s’enclenche rapidement. Dans la semaine qui suit, la fleur dont l’arôme est si subtil, embaume déjà toutes nos parcelles. Le mercredi 6 juin on peut considérer que la fleur est passée, les grappes pendront donc cette année, bien avant la Saint Jean*2. Le corollaire de cette clémence est l’extrême facilité de la protection phytosanitaire, aucun parasite ne fait preuve d’aucune agressivité et la réalisation des traitements, classiques et biodyn miques, n’est aucunement perturbée par des conditions météorologiques délicates parfois chroniques en Bourgogne à cette époque. Le mois de juin est incroyablement ensoleillé (+70 heures par rapport aux moyennes décennales). Malgré un petit fléchissement des températures au début du mois de juillet, nous connaissons un véritable été. Les pluies sont rares. Cette sécheresse que l’on aurait pu craindre, n’affecte pas nos petites vignes. Il faut voir là sans doute, l’un des effet les plus tangible de notre approche. Les labours et les préparations biodynamiques permettent en effet, de faire plonger profondément les racines dans leur terroir afin d’y puiser leur substance*3. Les prémices de la véraison sont constatés dans les «Chapelle» dès le 25 juillet, les grains changent vite de couleur, et nous annonce une récolte précoce.
Dimanche 18 septembre, veille des vendanges, le ciel est au beau fixe, il fait froid, décidement rien ne vient perturber le bel ordonnancement de ce millésime. Les raisins sont magnifiques, tellement beaux et sains que nous hésitons à préparer la table de tri. Délicatement mis en cuve ( 40 % de grappes entières), les jus ne tardent pas à nous impressionner, ils sont colorés, riches et véritablement enivrants…
Ces vins maintenant en bouteilles, continuent à nous émerveiller, il possèdent de surcroît cette capacité à nous relier et nous invitent au partage.

Aujourd’hui, nous en sommes sûrs, le vin, notre vin, qui aime la paix et l’harmonie,   trouvera à travers ce millésime, l’expression la plus pure, la plus juste du génie de son lieu.

* « Rien ne fait voir l’avenir couleur de rose comme de le contempler à travers un verre de Chambertin.»
Alexandre Dumas *2 «grappes pendantes à la Saint Jean»: sentence de la côte bourguignonne.
*3 le FIBL organisme de recherche suisse a montré les effets des préparations biodynamiques sur le système racinaire des végétaux http://www.fibl.ch

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