2007

L’oeuvre de patience!

Energie et plaisir

« C’est une grande et rare vertu que la patience, que de savoir attendre et mûrir, que se corriger, se reprendre et tendre à la perfection »
André Gide

Accompagner une vigne pour qu’elle donne la meilleure expression de son lieu et de son temps, est toujours pour le vigneron, un exercice passionnant et exaltant…
aborder ce millésime 2007 fut néanmoins des plus longs et des plus exigeants, tant son parcours fut bouleversé, fracturé et chaotique…
Aujourd’hui, loin du questionnement de l’été 2007, nous sommes heureux de contempler ces vins dont la générosité et la grâce immédiate nous enivrent…
Nos travaux à la fin des vendanges 2006, vont bon train. L’automne nous gratifie de records de températures, l’hiver qui enveloppe les idées, les êtres et les choses va-t-il enfin se montrer plus  présent, plus incisif? N’est-il pas insolite de tailler et de sarmenter, en chemise! Il nous faudra attendre un peu cet hiver et ce ne sera qu’au mois de juillet que nous mettrons un gilet!
L’avancement de notre travail est rapide et n’est tout juste un peu perturbé que par de bonnes averses au mois de février, mois durant lequel nous préparons les mises en bouteilles du millésime précédent.
Peut-on alors réellement croire au printemps! Ce ciel si bleu, si calme, par dessus les vignes nous évoque plutôt l’été… Il fait chaud, et ce mois d’avril restera longtemps dans nos mémoires, le débourement puis la croissance de la vigne est exponentiel! Le travail redouble, il nous faut tout à la fois ébourgeonner, reprendre les sols et passer nos préparats biodynamiques dispensateurs de bienfaits…
Les journées de travail sont intensément remplies, l’équipe de vaillants vignerons est très mobilisée et soudée. Il faut faire face à cette explosion de végétation, nous comptons alors plus de trois semaines d’avance sur certaines années réputées précoces!
Dans ces conditions, la floraison s’enclenche rapidement. Va-t-on encore une fois vendanger au mois d’août? Si l’on s‘en tient à l’observation de la pleine fleur, on peut sérieusement l’imaginer!
Mais cette situation qui nous semble aussi inhabituelle qu’éprouvante ne dure pas.
Le temps reprend sa véritable dimension… la vigne sous l’influence de conditions météo défavorables tempère ses ardeurs et sa fougue… Une série d’orages à partir du 8 juin nous préoccupe, ils seront heureusement sans incidence sur la fermeture de la grappe que l’on constate dès le 18 juin.
Il fait froid, le temps est maussade et peu ensoleillé, la véraison ne s’enclenche alors qu’à partir du 18 juillet.
Le vin aime la paix et la vigne s’inscrit naturellement dans un cycle immuable et constant. Ces vendanges que nous imaginions précoces sont retardées de semaines en semaines. Aussi, nous observerons plus tard, que ce développement lent et mesuré est le garant le plus sûr de la croissance et même de l’amplification de la complexité aromatique des vins! Toutes les pistes sont alors explorées pour aider nos ceps dans cet été difficile. Afin d’accroître l’idée de lumière sur une végétation, qui en manque cruellement nous accentuons et nous intensifions les silices de corne (Jusqu’à 5, selon les parcelles), nous fortifions également la vigne par des pulvérisations des tisanes de prêle, de valériane et de pissenlit.
Une vérité mise à mal!
Nous savons que nos vieux pinots nécessitent cent jours entre la pleine floraison (la fleur de lys nous sert en référence) et la récolte. Ce temps est en effet essentiel à la bonne maturité du raisin (en sucre et en tanins) Ce principe, résultat d’observations séculaires, est réfuté en 2007 où il aura fallu près de 120 jours pour que les raisins arrivent à cette entière et parfaite maturité!
L’attente est difficile et exigeante et nous allons profiter de superbes conditions anticycloniques autour du 10 septembre pour récolter les fruits de notre patience. Notre niveau d’exigence est tel que de nombreux raisins sont sacrifiés sur nos tables de tri!
Mais, quelle gratification, quel don, les raisins qui arrivent dans la cuve sont superbement mûrs, la chaptalisation (légère, parfois pratiquée au domaine) est définitivement bannie en 2007 sur l’ensemble de nos cuvées! Après un tel été, nul ne pouvait imaginer une telle promesse!
Aujourd’hui, les vins sont en bouteilles et l’expression aromatique qui se dessine est superbement fruitée, fine et charmeuse. Les vins possèdent de surcroît ce supplément d’énergie et de tension qui sied si bien à nos bourgognes.
Décidément ce millésime 2007 est un millésime de patience, un millésime de plaisir et d’énergie un millésime où les lieux surgissent et s’exposent aussi transparents que palpables!
Tout vient à point pour qui sait attendre!

Clément Marot(1496-1544)

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