2010

2010

2010: un millésime bourguignon!
Pureté, élégance et expression des lieux !

La Bourgogne n’a rien fait de mieux que ce petit coin où elle a réuni ses enchantements et mis dans les vins la générosité de son génie.

[Gaston Roupnel]

Qu’entend-on par millésime bourguignon ? Si l’on sait que la Bourgogne est située au septentrion des grands vignobles (situation que seule en France, l’Alsace pourrait lui ravir…), si l’on conçoit que cette acception comporte bien des difficultés. Alors, on peut, saisir, entrevoir, cette magie bourguignonne !

Cette année 2010, fut des plus abruptes à appréhender. Non seulement elle nous apporta tout au long de l’année, son lot de batailles toutes plus difficiles à gagner les unes que les autres, mais elle nous éreinta aussi dans la durée.
Jusqu’au moment des vendanges son caractère impétueux, nous en fit voir de toutes les couleurs…
Aujourd’hui, les vins qui sont issus de ces combats, n’en sont que plus beaux, ils nous offrent une élégance, une densité et une pureté d’expression réellement enthousiasmante.
Lumineux et transparents, voici le début de leur histoire.

L’hiver commence plutôt bien : grâce à un froid  précoce, la sève redescend rapidement et la taille peut commencer dès le 6 janvier dans de bonnes conditions (nous prenons soin d’effectuer des badigeons d’argile et de plantes sur les vignes déjà taillées).
Au mois de février, un froid persistant s’installe durablement.
Après ce long hiver de sommeil, nous observons les premiers bourgeons à partir du 15 Mars. Les températures, remontent alors très rapidement. Est-ce déjà l’été ? La végétation connaît une croissance exponentielle.  Au cours du mois de Mai, plus frais et pluvieux, l’évolution est  de nouveau ralentie. Ce net ralentissement du cycle,  nous offre alors un peu de répit pour réaliser nos préparations biodynamiques ainsi que notre «ébroussage ». Ce travail réalisé avec adresse et habileté, consiste à  « sculpter » cette liane capricieuse. Par ce geste, nous guidons la vigne, nous l’aidons à tendre vers son archétype, vers son terroir originel.
Le vigneron en conscience devient alors, à cette étape précise, le véritable  tuteur!

Après cette période clémente, s’en suivent des conditions extrêmement chaotiques !
La floraison, qui survient au mois de juin est, nous le savons une étape primordiale. Ce passage initie,  de manière durable à la fois le volume du millésime et sa qualité.
En 2010, les pluies du printemps, conjuguées aux températures très basses eurent pour effet de perturber cette fragile floraison.
Cette fleur visuellement  si discrète, mais aux arômes habituellement si présents, si entêtants, cette année-là, ne nous enivre définitivement pas!
Quelque peu dépités, nous constatons que de nombreux raisins sont « millerandés ». Devrait-on s’en réjouir ? Cette constitution si particulière de la grappe, nous laisse certes entrevoir, un millésime très concentré aux petits grains aromatiques et colorés, mais aussi, nous le verrons plus tard, cette conformité, risque de nous rendre la tâche plus ardue, elle accentue l’hétérogénéité de maturité au moment des vendanges.

Août est lui aussi très capricieux et variable, chaud, orageux. L’équipe redouble de vigilance. Les traitements à base de cuivre faiblement dosé et de plantes sont nombreux et fréquents.

Les nerfs des vignerons sont mis à rude épreuve! Mais notre travail incessant porte ses fruits. A l’approche de la véraison, on ne constate que de très rares dégâts de mildiou ou d’oïdium.

La date des vendanges est arrêtée, nous commencerons  le mercredi 23 Septembre. A la veille des vendanges, notre tour d’inspection du vignoble, est plutôt rassurant, le botrytis, dont l’incidence peut-être désastreuse, est maintenu à un niveau très acceptable.

Sans doute faut-il reconnaître là, la magie de ce millésime. Les grappes sont petites et les peaux très épaisses (dû au millerandage important). Elles sont concentrées en sucre, la maturation lente n’a jamais, en effet, connu de stress hydrique et l’équilibre acide est maintenu.

Les vendanges sont l’aboutissement et la  récompense d’une année de labeur !
Nous pensions que  dame Nature, nous faciliterait le travail, mais il n’en fut rien, une dernière fois, un dernier orage, le 24 septembre, vient perturber notre récolte!
Le moral de la troupe reste malgré tout, au beau fixe. Les raisins cueillis arrivent rapidement à la cuverie. Soigneusement triés, mis en cuve, les précieuses grumes se transforment lentement. Le rendement en jus, les peaux épaisses, une bonne concentration en sucre et une acidité équilibrée nous prédisent un beau millésime très bourguignon. La surprise est au rendez-vous, non seulement les vins sont denses et charnus, mais de plus ils sont très purs et expressifs, délicieux à déguster dès leur prime  jeunesse.

La mise en bouteille s’échelonnera de janvier à mars 2012.
Ce millésime tient ses promesses, il s’affine, se cisèle, développe son élégance et sa  race.

Année bourguignonne?

Pour le vigneron, assurément, tant la météo nous apporta son lot d’incertitudes. Mais la causalité évidente de ces sautes d’humeur climatique, fut l’obtention de raisins plus structurés, plus fins et surtout plus proches de leur lieu d’origine.

Pour l’amateur, ce millésime s’annonce délicieux et s’inscrira dans les mémoires. Créateur d’émotions, il représente au plus haut point ce que la Bourgogne a de meilleur. Mais il s’agit là d’une autre histoire, d’une autre rencontre et  d’un autre partage que nous vous laissons le soin de découvrir…

« Quand le temps s’arrête, il devient lieu.  »

[Chawki Abdelamir]

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